L’image de la femme « parfaite », aux mensurations irréelles, à la peau et aux cheveux parfaits omniprésente dans les magazines est bien loin de correspondre à toutes les femmes. Cet idéal de beauté, fabriqué par l’Occident, est à l’opposé du physique des femmes noires qui ont la peau foncée, le nez épaté et les cheveux crépus ou frisés.

Pour se rapprocher de ce modèle au cheveux lisse, à la peau blanche et au traits fins, de nombreuses femmes noires tentent de gommer leur trait naturel : en plus de devoir se conformer à un fantasme masculin créé de toute pièce, elles doivent aussi se soumettre à un fantasme occidental. Cela passe par les cheveux avec les défrisages et les tissages, et par la peau avec le blanchiment de la peau, (ou le tchokotchoko).

Chez The Blackie Blog, on vous propose de regarder le replay de l’émission « Africanités » diffusé sur TV5 Monde qui revient sur ce phénomène dangereux qui touche une forte diaspora africaine mais qui toutefois, tend à diminuer grâce notamment à l’avènement du mouvement nappy.

 

Nappy et vous

Le « Wash’n’Go »: LA technique pour définir parfaitement vos boucles

Par Wash’n’Go, traduisez « laver et partir », est LA coiffure emblématique des Nappy même si contrairement à ce que son nom laisse entendre ce n’est pas la coiffure la plus simple à réaliser. Elle a toutefois le mérite de sublimer le cheveu afro et métissé. Cette coiffure permet en effet de faire ressortir les boucles des cheveux crépus et bouclés.

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Beaucoup de personnes on pris la décision de devenir naturelle après avoir vu des vidéos de Wash and Go sur Youtube. Cette coiffure montre la diversité des cheveux crépus et bouclés alors qu’on a longtemps cru que ce type de cheveux n’était pas esthétique et devait donc être dénaturé par des défrisages ou encore camoufler sous des tissages.

Le Wash and Go permet d’arborer fièrement sa crinière sans avoir à en rougir. Il faut par contre se munir de patience avant d’arborer la grosse touffe tant désirée. Sur le blog, on vous dit ici comment faire le parfait Wash and Go ! A savoir : les Blackies, n’allez pas à l’encontre de votre nature de cheveux, cette technique est réalisable uniquement si vos cheveux ont tendances à avoir des ondulations naturelles. Si ce n’est pas le cas, vous n’aurez pas forcément les belles boucles tant souhaité. 

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Pour réaliser un Wash’n’Go parfait, il vous faut
 :

  • Un bon après shampoing si possible sans paraben, silicone et sulfate pour le « Co Wash »
  • 1 peigne à queue : pour vous aider à tracer vos sections
  • Des pinces à cheveux pour sécuriser vos sections ou des élastiques pour cheveux
  • 1 DENMAN brosse ou 1 peigne à dents larges pour démêler vos cheveux
  • 1 vieux tee-shirt en coton pour sécher vos cheveux
  • Un lait capillaire ou leave in conditioner léger pour hydrater
  • De l’huile ou un beurre pour sceller l’hydratation
  • Le gel EcoStyler pour aider à définir et maintenir vos boucles
  • Un sèche cheveux pour les plus impatientes.

Le co wash, ou conditioner wash, est une technique qui consiste à utiliser un après-shampoing à la place du shampoing. Particulièrement adapté aux cheveux secs, frisés ou crépus.

Pour le co-wash :

• Mouillez vos cheveux, appliquez ensuite une généreuse dose d’après shampoing et massez vos cheveux pour bien faire pénétrer le produit des racines aux pointes, utilisez vos doigts pour démêler de manière grossière. A ce stade, l’après shampoing aura fait ressortir vos boucles. Laisser le agir encore 5 minutes avant de rincer.

• Une fois rincés, secouez vos cheveux de haut en bas et de droite à gauche pendant une minute ou deux. Utiliser le t-shirt en coton pour absorber l’excédant d’eau.

• Une fois l’eau absorbé, séparez vos cheveux en quatre sections à l’aide des pinces, prenez une section et démêlez la à l’aide de la DENMAN brosse ou d’un peigne à dent large en commençant par les pointes et en montant vers la racine.

• Appliquez le lait capillaire ou le leave in sur la section et sceller l’hydratation avec quelques gouttes d’huile ou du beurre.

• Séparez une petite rangée de cheveux de la section et appliquez une noisette de gel ou de définisseur de boucle sur elle, insistez bien sur toute la longueur des cheveux et séparez les boucles avec vos doigts. Recommencez jusqu’à avoir fini avec la section et toute la tête.

• Laisser vos cheveux sécher à l’air libre pour que les boucles se définissent parfaitement mais si vous n’avez pas le temps d’attendre vous pouvez aussi utilisez un sèche cheveux muni d’un diffuseur pour sécher plus vite vos boucles. Cette astuce a aussi l’avantage de rajouter du volume à votre Wash and Go.

Voilà, vous êtes désormais sublime ! Pour celles qui n’ont pas le résultat escompté, ou qui doutent encore du rendu, voici un tuto de la bloggeuse Mymou step by step.

 

source : Eleonore M’Bra Koffi pour Africa n°1
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Dans une vidéo parue sur le site Live Magazine SA, Sakhu Fonya, un jeune homme de 28 ans originaire d’Afrique du Sud nous raconte comment il a vécu avec sa maladie : le vitiligo, des débuts à l’adolescence à aujourd’hui. Il a perdu au fur et à mesure la quasi totalité de sa couleur de peau noire, et témoigne de son expérience : comment il a apprit à vivre avec cette maladie et à fini par s’accepter et profiter, enfin, de sa vie. A l’image de Winnie Harlow — qui jouie d’une carrière internationale dans le mannequinat —, Sakhu se sent bien dans sa peau et est fier de sa différence : il arbore sur cette vidéo autoportrait un t-shirt « Young, Black and Gifted. »

La vidéo étant en anglais, on vous fait la traduction de son témoignage touchant juste en dessous :

« J’ai commencé à remarquer que j’avais le vitiligo vers l’âge de 11/12ans. C’est une maladie avec laquelle tu nés et qui te vient de quelqu’un de te famille. A l’école, tous les autres enfants étaient effrayés par moi et ces taches qui prenaient bientôt tout mon corps. Ils me demandaient ce que c’était mais je ne le savais pas moi-même. Les premières taches sont apparus sur mes mains et mes pieds, les parties les plus sombres de mon corps. Puis c’est arrivé sur mon nez, et mes lèvres : elles étaient de plus en plus roses, comme si j’avais un peu trop bu de whisky ou d’un autre alcool fort. Plus ça allait, plus les taches gagnaient tout mon corps.

J’ai donc pris rendez-vous avec un dermatologue, et c’est lui qui a posé un mot sur ma maladie : tu as le vitiligo. Je ne comprenais pas ce qui se passait, je me suis demandé ce que ça voulait dire, je n’avais que 13 ans. Ce médécin m’a d’abord demandé si je savais ce qu’était la mélanine : je ne savais pas. Il m’a alors parlé de pigmentation. Là, je savais que ça avait un lien avec la couleur parce qu’on l’avait vu à l’école mais je ne comprenais pas encore bien le lien. Alors il m’a expliqué : « la mélanine produit la pigmentation de la peau, et toi tu perds tes pigments parce que ta mélanine ne produit pas assez de pigments. » Je lui ai demandé ce que je devais faire alors : il m’a simplement conseillée de ne pas trop m’exposer au soleil trop longtemps, mais difficile à faire quand on joue beaucoup au cricket comme moi. Donc, je continuais à pratiquer mon sport tout en mettant de la crème solaire.

J’avais 14 ans, et je voulais que tout disparaisse. 14 ans, c’est l’âge où l’on commence à s’intéresser aux filles et qu’on veut plaire, mais le vitiligo ne se cache pas. Ce n’est pas comme quand on a un problème psychologique, qui ne se voit pas au premier abord et qui peut se cacher facilement, pour moi c’est impossible : dès que tu me vois, tu sais que j’ai un problème au niveau de ma peau. Durant l’adolescence, ma maladie était un gros problème. D’ailleurs, je passais 2 fois par semaine dans le centre dermatologique de l’hôpital où je devais rester allongé pendant 10 minutes sur une table pendant qu’on me donnait un traitement chimique. J’ai suivi ce traitement pendant 6 mois, puis j’en ai eu marre : j’ai tout stoppé, d’un coup.

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Le regard des gens dans la rue était très dur : dans la rue, ils parlaient sur moi quand je passais, certains voulaient me toucher, d’autres voulaient voir si ça faisait mal. Mais le pire était les enfants : ils étaient tellement intrigué qu’ils allaient jusqu’à me suivre dans la rue. Les gens se demandaient si j’étais blanc, ou noir. Pour les Noirs, j’étais un Blanc, pour les Blancs, je suis un Noir. C’était toujours compliqué.

Tout a changé le jour où j’ai rencontré cette fille, une sorte d’artiste qui avait étudiée à Miami. C’est la première personne qui m’a complimentée sur mon physique, c’était la première personne qui appréciait ma différence. Ça m’a fait du bien, et c’est la première fois que j’ai eu confiance en moi, et dans ce corps. Depuis, je l’accepte.

Je pense que le meilleur moyen de vivre sa différence est de l’accepter complétement. »

Sakhu a reçu plusieurs propositions pour devenir modèle dans des campagnes d’art ou de mode. Il écrit en 2010 un livre intitulé Umlungu sur sa vie avec le vitiligo. Il prouve surtout qu’il est un bel exemple d’acceptation de soi à suivre.

Portraits

Lamine Kouyaté : un Malien à New-York

Il y en a qui a su s’imposer lors de la dernière Fashion Week New-York Prêt à Porter 2016. Popularisée dans les années 90, devenue plus confidentielle depuis, la griffe Xuly.Bët du malien Lamine Kouyaté a su s’imposer sur la scène New-yorkaise de la mode le 17 février 2016. Kouyaté a choisi de parier sur l’énergie de la grosse pomme pour présenter sa nouvelle collection Automne/Hiver 2016.

Lamine Kouyate

La marque Xuly Bet de Lamine Kouyate était mise à l’honneur lors de la Black Fashion Week parisienne, c’était en 2014.

Durant les années 90, le couturier malien, parisien d’adoption, avait été célébré par le milieu et au-delà, au point d’inspirer un personnage du film « Prêt-à-porter » de Robert Altman. Sa mode directement inspirée de l’Afrique mais aussi d’autres influences ne ressemblait à rien de connu et ses pièces imprimées aux couleurs chatoyantes et le wax faisaient beaucoup parler. Quelques années après sa première collection, en 1992, Xuly.Bët comptait deux boutiques à Paris et une à New York. Mais l’enthousiasme s’est effrité, et Xuly.Bët, qui signifie  » ouvre grand les yeux «  en wolof, n’a plus défilé à Paris ou New York depuis 2005.

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L’histoire redémarre en septembre dernier, alors que Lamine Kouyaté, 53 ans, est de passage dans le grosse pomme. Il croise une figure des relations publiques dans la mode, Kelly Cutrone — membre du jury Top Model USA —, qui monte pour lui, en une semaine, une présentation. Des mannequins défilent à l’extérieur du principal lieu d’accueil de la Fashion Week, dans une atmosphère de happening, avec sonorisation mobile et troupe de sauteuses à la corde, le « double dutch ». Le public se masse et les réseaux sociaux bruissent.

Défilé urbain de la marque Xuly Bet © NY TIMES

Défilé urbain de la marque Xuly Bet © NY TIMES

« A Paris, il y a quand même une certaine exubérance dans la mode, mais ça reste une espèce de pré carré. Et c’est très difficile pour un créateur qui essaye d’émerger. Il n’y a pas suffisamment d’espace », regrette-t-il tout en disant son attachement à cette ville qui l’a beaucoup influencé. J’ai donc choisi de pousser un peu du côté de New York où j’ai toujours eu un écho assez favorable. A chaque fois que j’ai défilé ici, les gens viennent, ils sont curieux de voir ce que peuvent faire d’autres gens. J’ai toujours eu un parterre assez fourni. A Paris, tu n’as pas les gens qui sont déterminants. »

Dès le défilé impromptu de septembre, le New York Times lui a ainsi consacré un article qui faisait écho à celui, dithyrambique, de mai 1993, titré « Prince of Pieces« . La fameuse énergie new-yorkaise qui plait tant à Lamine Kouyaté était palpable pendant son dernier défilé, à l’ouest de Soho. Le couturier au visage tout en rondeur et à la voix douce a eu droit à une ovation en fin de présentation et à une bonne dose d’effusion en coulisse ensuite. Il a présenté une ligne électrique, qui tranchait avec les collections aperçues jusqu’ici durant la Fashion Week.

Lamine Kouyaté a voulu une ligne « entre l’homme et la femme« , avec beaucoup de pièces très près du corps, mais aussi ces combinaisons ou de grands blousons inspirés des « varsity jackets » (les vestes aux couleurs d’une équipe), avec des chiffres imprimés pour rappeler les maillots sportifs.

« Je travaille un peu comme une éponge. Je prends pas mal de choses sur des aspirations du monde qui, forcément, font un mix. »

Backstage du défilé Xuly Bët X NYFW

Backstage du défilé Xuly Bët X NYFW

En creux, Lamine Kouyaté a voulu aborder la problématique de la diversité dans le monde de la mode, en faisant défiler uniquement des mannequins noirs.

« Je ne vais pas changer le monde, mais j’ai une sensibilité qui fait que je réagis à certaines choses et ça se traduit dans mon travail, dans les partis pris que je peux prendre ».

Après ce défilé new-yorkais, Lamine Kouyaté veut aller au-delà du succès d’estime. « C’est pour ça que je viens sur New York, pour pouvoir trouver des gens susceptibles de m’aider à monter un vrai business. C’est l’étape d’après.« 

Retrouvez l’intégralité du défilé de la collection Automne/Hiver 2016 de Xuly.Bët ici :
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Nappy et vous

NappyMe : ta coiffeuse Afro sur mobile !

Nous nous sommes toutes déjà retrouvées sans coiffeuse pour prendre soin de nos cheveux. Nous avons toutes peurs de confier notre tête à une pseudo coiffeuse qui ne serait pas comment prendre de nos cheveux. La nouvelle application mobile Nappyme va vous sauver.

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Le concept est simple : il permet aux femmes afros et afro­-caribéennes d’entrer facilement en contact pour s’échanger des services de coiffure, manucure, maquillage… D’un autre côté, il permet aux coiffeuses, professionnelles ou autodidactes, débutantes ou confirmés d’entrer en contact avec leur clientes d’une manière plus simple et plus directe en toute facilité.

Vous pourrez alors profiter grâce à elle, et à moindre coût, de prestations de qualité dans un cadre détendu (chez elles ou chez leur prestataire). D’autres pourront, en s’inscrivant sur la plateforme, faire connaître ou reconnaître leur savoir-faire au sein de leur communauté ! Des rencontres forcément constructives…

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Intéressées les Blackies ? Alors profitez d’ores et déjà des avantages du réseau en devenant membre de nappyme. Pour cela, il vous suffit de vous inscrire sur www.nappyme.com. C’est rapide, et cela vous donnera accès en avant-première à l’appli mobile. Pour la date de lancement, aucune info n’a encore filtré, mais elle sera lancée d’ici quelques semaines, à Paris et sa région parisienne en premier puis le reste de la France !



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Couture

Loza Maléombho : la styliste ivoirienne de Beyoncé

Ce weekend, Beyoncé Knowles-Carter dévoilait une nouvelle chanson, et un nouveau clip « Formation » où elle affirme haut et fort ses origines afro-américaines. Ce que nous retenons de cette vidéo est l’apparition d’une des créations de la collection printemps/été 2016 « ZAOULI » de la créatrice ivoirienne Loza Maléombho

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Capture d’écran du clip « Formation »

Maléombho avait déjà fait chavirer le coeur Solange Knowles qui lui consacrait un article sur son blog il y a un an. C’est au tour de sa soeur de lui faire un pied de nez. Sur cette photo, sa danseuse Dnay B à gauche porte un ensemble signé Loza Maléombho de la collection « Zaouli » Printemps/Été 2016.

Née au Brésil, puis élevée entre la Cote d’Ivoire et les États-Unis, la créatrice de mode Loza Maléombho a créé sa marque en 2009, à New York. Motivée par le désir de faire des produits « Made in Africa », elle a finalement déposé ses bagages en Cote d’Ivoire, en 2012. Une installation africaine qui fut aussi bénéfique pour l’économie locale, et le travail des femmes –Loza emploie beaucoup de femmes issues de milieux défavorisés dans ses ateliers–, que pour susciter l’inspiration chez la jeune créatrice.

Zaouli, sa nouvelle collection Printemps/Été 2016, 
tient son inspiration du fin fond de l’Ouest 
ivoirien chez le peuple Gouro, une ethnie mandé, 
qui, si elle a gardé l’islam et certaines autres 
traditions des peuples mandingues du nord, s’est 
aussi largement acclimatée aux us et coutumes de ses 
cousins de l’Ouest (et vice versa). D’ailleurs, Zaouli 
qui désigne un masque et une danse traditionnelle, 
est un mot que l’on retrouve aussi bien chez les Gouros, 
que chez leurs voisins Bétés.

Les créations de Loza Maléombho sont à son image : bien ancrés dans le terroir ivoirien avec le regard tourné vers l’avenir, la modernité, et le multiculturalisme. Ainsi derrière la ruralité apparente des cotons, batik, et kente utilisés comme matériaux, naissent des structures plus alambiquées et raffinées, révélant une féminité et une sensualité certaine. Une sensualité d’autant plus renforcée que la peau, dévoilée par un jeu de découpes et de transparence, prend toute sa place dans la composition textile.

Cadeau.

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Pour « l’Émission d’Antoine », l’animateur a décidé de passer dans le quartier de Château Rouge à Paris pour s’offrir un relooking en mode « sapeur« . Quand on vous disait que l’avenir de la mode appartenait à l’Afrique…

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